Webinaire COVID-19 et le rôle des INSP d’Afrique de l’Ouest


IANPHI a organisé mercredi 29 avril son premier webinaire en français sur le COVID-19, qui fait suite à la tenue d’une série de webinaires en anglais avec les dirigeants des instituts de santé publique (INSP) d’Italie, de Corée du Sud et de Chine. Ce nouveau webinaire était consacré au rôle des INSP d’Afrique de l’Ouest dans la réponse à la pandémie actuelle, organisé à l’initiative du Dr Hervé Hien, directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP) du Burkina Faso.

L’objectif du webinaire était d’initier un échange sur les connaissances et les bonnes pratiques nécessaires pour renforcer le rôle des instituts francophones d’Afrique de l’Ouest en soutien aux autorités nationales dans la réponse face au COVID-19.

Modéré par Dr Jean-Claude Desenclos, secrétaire général d’IANPHI et directeur scientifique de Santé publique France, le webinaire a débuté par des présentations du Dr Hien, du Prof. Dinard Kouassi, directeur général de l’INSP de Côte d’Ivoire et du Dr Abdoulaye Touré, directeur général de l’INSP de Guinée, avant de se poursuivre par une séance de questions réponses avec les participants.

Les trois intervenants ont tour à tour évoqué la situation épidémiologique de leur pays, le rôle de leur institut dans la réponse contre la COVID-19, ainsi que des pistes d’amélioration de la coordination scientifique et technique entre les INSP de la région. Les trois INSP sont chacun largement impliqués dans la gestion de la réponse au niveau national et mettent à disposition des autorités données, études et expertise scientifique pour faciliter le processus décisionnel.

Au Burkina Faso, la coordination nationale contre le COVID-19 siège au sein des infrastructures de l’INSP notamment au sein de l’INSP par le Centre des opérations de réponse aux urgences sanitaires (CORUS). L’INSP participe à l’élaboration et la mise en œuvre de la recherche au ministère de la santé pour guider la prise de décision, ainsi qu’à la production des données et des documents normatifs. L’un des piliers de l’institut, le laboratoire national de référence, participe et organise surtout le diagnostic des tests COVID-19. L’INSP participe aussi à des groupes thématiques et vient en aide aux équipes de terrain en fournissant une base de données de 50 spécialistes en santé publique.

En Côte d’Ivoire, l’INSP a deux missions fondamentales dans la lutte contre la pandémie : la formation en santé publique et la recherche biomédicale. L’institut a lancé une série d’études dont les résultats doivent guider les autorités dans la prise de décisions, notamment sur les connaissances, les attitudes et les pratiques des populations par rapport aux mesures de prévention, ou encore sur la description et la caractérisation du profil épidémiologique des cas confirmés et des cas contact. L’INSP a également mené deux phases de formation pour tous les niveaux de la pyramide sanitaire. La première phase de formations générales a eu lieu fin mars 2020 et a été suivie par 600 à 1000 personnes. La deuxième phase de formations adaptées et portant sur différents thèmes a été lancée le 8 avril et a formé à ce jour 10 000 personnes.

L’INSP de Guinée avait mis en place avant la pandémie de COVID-19 un système de surveillance sentinelle pour les épidémies de grippe. Le plan de riposte créé en novembre 2019 s’est révélé utile pour le système de surveillance et de diagnostic du COVID-19, qui repose principalement sur les sites sentinelle. L’INSP siège au conseil interministériel de suivi de la riposte et au conseil scientifique instaurés par le gouvernement. Il participe à l’évaluation des nouveaux outils de diagnostic proposés dans le pays au travers du laboratoire national et accompagne l’ensemble des laboratoires dans le renforcement de leur capacité à produire des diagnostics.

Les pistes de collaboration scientifique et technique entre les INSP évoquées par le Dr Hien vont d’échanges réguliers à l’élaboration d’outils de travail et de protocoles utilisables dans différents pays et au partage de directives, de résultats de la recherche et de veille documentaire. Pour le Prof. Kouassi, les échanges à travers les organisations subrégionales de santé, comme ce webinaire IANPHI, permettent le partage d’expériences, de bonnes pratiques, de champs d’expertise et de données ainsi que la mutualisation des moyens. Dr Touré a mentionné quant à lui l’importance de la collaboration internationale à laquelle son institut participe via l’Organisation ouest africaine de la santé et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies sur de nombreux aspects opérationnels, ainsi qu’avec l’Organisation mondiale de la santé, les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies et d’autres fondations et instituts de recherche.

Toutes les ressources de ce webinar sont disponibles ici.

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