Le CDC et IANPHI organisent un atelier à Dakar sur la surveillance sanitaire


Les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), l’institut national de santé publique américain, et IANPHI ont organisé les 3 et 4 mars derniers la quatrième édition de l’atelier technique sur la surveillance et les systèmes d'information sanitaire dans les régions d'Afrique de l'Ouest et du Centre à Dakar au Sénégal.

Photo of the participants

La réunion de deux jours a réuni des professionnels de la santé publique impliqués dans les systèmes d'information afin qu’ils partagent leur expérience sur la façon dont les données de surveillance sont utilisées et développent des stratégies destinées à améliorer les renseignements épidémiologiques pour la détection précoce des épidémies et la réponse rapide. Le renforcement des capacités mondiales d'intervention d'urgence est une priorité pour le Règlement sanitaire international (2005), un accord signé par 196 pays qui prévoient de travailler ensemble pour la sécurité sanitaire mondiale, et le Programme de sécurité sanitaire mondiale, un partenariat contre les menaces sanitaires mondiales.

Les participants ont également discuté des stratégies de coordination des investissements dans le système de santé, des méthodologies pour améliorer la qualité et l'utilisation des données, et des plans pour la mise en œuvre de systèmes d'information avec des outils et technologies existants ou nouveaux.

La réunion de cette année a accueilli des participants de deux nouveaux pays, la République démocratique du Congo (RDC) et la Guinée, venus s’ajouter aux pays déjà représentés lors des éditions précédentes comme le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Mali et le Sénégal. Au total, 40 participants de sept pays ont collaboré au cours de cet atelier. Des représentants de l'Organisation mondiale de la santé, d'HISP West and Central Africa, un nœud d'un réseau mondial d'action et de recherche en systeme d'information sanitaire, du bureau du CDC au Sénégal, du siège du CDC et du bureau de IANPHI à Atlanta aux États-Unis ont également participé.

Un représentant du Mali, le Dr Ouassa Berthe, responsable de la section du système d'information sanitaire au ministère de la santé, a présenté la mise en œuvre par son pays du logiciel DHIS2 (District Health Information Software 2). Il s’agit d’une plateforme de données de gestion de la santé gratuite et open source utilisée par des organisations et gouvernements dans le monde. Débutée en février 2016, la mise en œuvre s'est achevée en décembre de l'année dernière avec près de 100% des sites de santé maliens désormais équipés pour l'utiliser, y compris tous les hôpitaux. Les professionnels de la santé publique du Mali ont signalé des améliorations dans la gestion et la qualité des données grâce au DHIS2, mais aussi certains défis liés à la qualité de la bande passante Internet et la continuité du financement du projet. 

Des participants de la RDC, le Dr Prosper Kabambi, chef de division à la direction de l'inspection pêches et élevage du ministère de l'agriculture, de la pêche et de l'élevage, et Mathias Mossoko, chef du bureau des bases de données de surveillance épidémiologique du ministère de la santé, ont présenté leurs travaux sur l'identification des zoonoses, des maladies ou des infections qui sont naturellement transmissibles des animaux vertébrés à l'homme, et sur l’évaluation de la surveillance des zoonoses suivant l’approche multisectorielle de l’OMS « Un monde, une santé » avec des experts de la santé humaine, animale et environnementale. Six zoonoses ont été sélectionnées et trois rapports d'évaluation de la surveillance zoonotique ont été publiés par le ministère de la pêche et de l'élevage, l'Institut congolais pour la préservation de la nature et le ministère de l'environnement et du développement durable. Le Dr Kabambi et M. Mossoko espèrent que ces efforts aideront le système de surveillance de la santé animale à atteindre le niveau de celui de la santé humaine et conduiront à la mise en place d'un système de surveillance de l'environnement.

Le Dr Issaka Yameogo, chef de service de la surveillance épidémiologique au ministère de la santé du Burkina Faso, a présenté les efforts de surveillance basée sur les événements de son pays. Une approche communautaire a été progressivement adoptée depuis 2017, grâce à la formation d’agents de santé au niveau des communautés. Cette nouvelle stratégie étend les capacités de surveillance des maladies et adopte l'approche « Un monde, une santé » permettant aux différents ministères de se coordonner afin de détecter les épidémies potentielles parmi les humains et les animaux. 160 événements ont été notifiés à ce jour, dont dix en 2017, 73 en 2018 et 77 en 2019. En juillet 2018, le Burkina Faso a créé un Institut national de santé publique avec le soutien de IANPHI.

Le Dr Modeste Gatcho, médecin de santé publique au ministère de la santé du Cameroun, a livré ses impressions à l’issue de l’atelier : « L'atelier de Dakar sur la surveillance et les systèmes d'information a été pour nous l'occasion d'apprendre beaucoup grâce aux présentations qui ont été faites et surtout au partage d'expérience avec les différents pays présents et les personnels du CDC. Vivement que de telles initiatives se pérennisent pour une meilleure coordination de la surveillance épidémiologique au plan global. »


Cet article a également été publié en anglais.

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